posté le jeudi 06 mai 2010 à 17:45

100 pour cent moi !

 

 

 

Merci de me laisser une   petite com..

et donner l'adresse à vos ami(es )

Pour voir la création en taille réelle,

cliquez dessus !

 


Commentaires

 

1. alicia2010  le 07-05-2010 à 10:51:25  (site)

coucou ma lili !!!!!!
je passe te faire de gros bisouxxxxxxxxx
passe une bonne journée pupuce
bisouxxxx

 
 
 
posté le jeudi 06 mai 2010 à 13:05

Insolite !!!

Un ours sauvé dans un cimetière

 

Un ours brun a été sauvé par des pompiers américains.

L'animal était coincé au-dessus d'un arbre dans un cimetière en Californie.

 

L'ours de plus de 90 kilos avait été aperçu plus tôt alors qu'il errait dans le cimetière. 

Les pompiers ont ensuite été appelés alors que l'animal était retenu prisonnier des branches d'un arbre à plusieurs mètres au-dessus du sol.

Après avoir endormi l'ours à l'aide d'une fléchette de tranquilisants, les pompiers sont parvenus à le redescendre sur la terre ferme.

 

L'animal qui a eu une belle frousse s'en est sorti indemne et sera relâché dans une forêt de la région.

 


Commentaires

 

1. Fanny39  le 06-05-2010 à 13:52:25  (site)

Vive les animaux

 
 
 
posté le dimanche 02 mai 2010 à 17:32

Ils ont brûlé l'agneau par «faim».

Dimanche 2 mai 2010


Alors que les internautes se déchaînent, la mère d'un des jeunes qui ont massacré l'agnelet fait part de son désarroi.

 

Reportage en Ajoie.

Camille Krafft -

le 01 mai 2010, 21h32
Le Matin Dimanche


 

Image © Alain Germond

Corinne Gerber montre une bête un peu plus âgée que celle qui a été volée dans sa ferme et tuée dans la nuit du 17 au 18 avril.

 

 

«Ils avaient faim...» Isabelle* lève les bras au ciel d'un air impuissant, retient ses larmes.

 

L'un des «gamins» qui ont massacré un agneau volé dans une ferme lors d'une fête arrosée à Porrentruy (JU), dans la nuit du 17 au 18 avril, c'était le sien.

 

Patrick*, 17 ans, apprenti ouvrier, domicilié depuis quelques années dans un village proche de la frontière française avec sa mère et l'ami de cette dernière.

 

«C'est pas un mauvais gosse», assure Isabelle.

Mais là, il a fait «une grosse connerie.

 

Je vous assure qu'il est pas fier, et il lit ce que j'en pense dans mon regard à chaque fois que je le croise.

Ça reste un acte barbare», murmure la maman, qui se demande ce qu'elle a «loupé» dans son éducation.


Occupée à prendre un bain de soleil dans son jardin, ce jeudi après-midi, Isabelle* commence à mesurer sa chance: son nom ne figure pas dans l'annuaire.

Car sur la Toile, son fils a déjà été livré à la vindicte populaire, de même que l'un de ses copains.


Les noms, et même la photo de Patrick, ont été affichés sur le réseau social Facebook, puis retirés (lire ci-dessous).


Appel à la «pendaison», au «châtiment», à se substituer à une justice qui sera - beaucoup d'internautes en sont convaincus - trop clémente.


«Ils n'ont que ce qu'ils méritent»

Joanna*, qui a balancé l'identité de Patrick et de l'un de ses copains sur Internet, n'a pas 20 ans.

Elle est domiciliée en Ajoie, soit la région de Porrentruy, comme de nombreux membres du groupe Facebook intitulé «Agneau massacré - peines maximales», qui a réuni plus de mille personnes.


Confrontée au récit d'un «copain» présent lors de la fameuse soirée, bouleversée par le sort réservé au «pauvre petit agneau», la jeune fille n'a pas hésité à faire de la délation.


Au téléphone, elle persiste, et signe: «Tout le monde veut leur péter la gueule.


Ils n'ont que ce qu'ils méritent.»


Joanna connaît pourtant l'ami de Patrick, dont elle a livré le nom sur la Toile: «J'étais à l'école avec, on fumait notre clope ensemble en cachette.

Ça m'a étonnée qu'il puisse faire ça, car c'était quelqu'un de plutôt calme.»


Sur le Web comme aux tables des bistrots, la rumeur a enflé ces deux dernières semaines. Les jeunes auraient ri en tuant la bête.


L'agneau sacrifié aurait bêlé encore alors qu'il brûlait dans le feu.

«Dans la région, on pensait que ça pouvait pas être un Ajoulot.


Que c'était forcément un Français ou quelqu'un d'une autre religion», lâche, comme si la réflexion allait de soi, Stéphane*, 22 ans, fondateur du groupe Facebook.


De fait, si Patrick est Français d'origine, son copain est du coin.


En Ajoie, la chasse à l'homme a commencé: le jeune en question, qui serait SDF, aurait été repéré par plusieurs personnes récemment près de la gare de Delémont...


«La commune n'a toujours pas nettoyé»

Avant d'être dénoncé sur le Web, Patrick aurait été «balancé» à la police par d'autres jeunes présents lors de la fête - une dizaine au total, mineurs et majeurs, dont certains sont déjà connus des services de l'ordre.

 

C'est du moins ce que prétend sa maman.

 

Isabelle assure que son fils est «bien remonté» contre ses compères de beuverie: «Patrick dit qu'ils étaient au moins quatre sur cet agneau. Il lui a tenu les pattes, mais c'est pas lui qui l'a énuqué...»


Au parc Mouche, qui borde la ferme du Château du Porrentruy, les traces de sang sont encore visibles autour du foyer

 - «la commune n'a toujours pas nettoyé», fulmine Claude Gerber.


Lorsque le paysan a trouvé la tête et le thorax de la bête encore fumants ce dimanche matin-là, des taches rouges permettaient de suivre le parcours des fêtards de la bergerie jusqu'à l'aire de pique-nique.


Jambes campées sur les cendres froides, l'éleveur secoue la tête: «On peut pas s'imaginer ce que cet agneau a dû subir.


Voyez, ils l'ont ouvert là, et ils ont essayé d'aller faire cuire la viande sur le gril un peu plus loin.»


Ce dimanche-là, des grillades étaient prévues au menu de midi à la ferme du Château.

 

Aucun des Gerber n'y a touché.

 

Dans le champ où les bêtes ont été transférées avec l'arrivée du printemps, Corinne Gerber, qui s'en occupe avec ses filles, montre un agneau un peu plus vieux que celui qui a été dérobé: «N'importe qui de sensé voit qu'il n'y a rien à manger dans une bête comme celle-là», lâche la paysanne.


Âgé de 2 mois, l'animal sacrifié ne portait pas de nom et était promis à la boucherie, mais dans quelques mois seulement.

 

Outre la mise à mort de l'agneau, les jeunes fêtards ont dérobé des palettes en bois au paysan, ainsi que des (bonnes) bouteilles de vin dans une cave du coin.

 

Selon la police, ils étaient sous l'emprise de l'alcool.

Mais pas seulement.

Romain*, 16 ans, affirme avoir fourni ce soir-là toute la petite troupe en speed, un dérivé de l'amphétamine acheté à Bienne.


«Le speed, c'est pas de la rigolade. Mais ils m'ont fait ch... pour essayer, alors j'ai donné un trait à tout le monde.»

 

A la police, Romain a déclaré ne pas avoir assisté au massacre de l'agneau. «J'étais parti en boîte au moment où ça s'est passé.»


Cette semaine, la brebis mère de l'agneau est morte, sans maladie apparente.

 

L'ennui et le chagrin, soupçonne Claude Gerber.

 

L'une des filles du paysan, adolescente, a remis dans sa chambre la petite lumière qu'elle utilisait enfant lorsqu'elle avait peur du noir.


Quant à Patrick, Romain, et d'autres sans doute, ils sont punis par leurs parents et interdits de sortie jusqu'à nouvel avis.

L'enquête suit son cours, en attendant le jugement.?

*Noms connus de la rédaction.


La délation comme un sport?

 

La TSR a diffusé jeudi soir un reportage montrant la violence de certaines réactions exprimées sur Facebook au sujet des auteurs présumés du massacre.

Hier, le Quotidien jurassien traitait du même sujet, évoquant un «lynchage». Apeuré par cette médiatisation, le fondateur du groupe, intitulé dans un premier temps «pour la pendaison des coupables», a préféré se retirer du site.

Il dénonce aujourd'hui les «médias» qui «font passer les accusés pour des victimes».

Le groupe a été dissous, puis reconstitué avec un nouvel administrateur.


Olivier Glassey, sociologue à l'UNIL, rappelle que les sites comme Facebook sont «des outils extraordinaires de mobilisation, pour le meilleur comme pour le pire».

Il relève que les personnes qui tiennent des propos ultraviolents sur la Toile «n'ont pas conscience de la mémoire des lieux.

Que deviendront ces informations?

Et comment permettre aux coupables de se réinsérer dans un système qui laisse de telles traces?»

Le spécialiste redoute que «la délation ne devienne un sport sur les réseaux sociaux.

Il en va de la responsabilité des modérateurs».


Contacté, Facebook assure que «ce genre de comportement contrevient clairement aux règles d'utilisation du site.


Si ce groupe est détecté par nos services de surveillance, il sera évidemment supprimé».

Mais le mal ne sera-t-il pas déjà fait?


C.K./J. P.


http://www.lematin.ch/actu/suisse/brule-agneau-faim-269789

 


Commentaires

 

1. petitelilou  le 02-05-2010 à 20:00:01  (site)

en tout cas je te remercie beaucoup

2. petitelilou  le 03-05-2010 à 17:42:47  (site)

coucou j'espere que tu vas bien moi oui a bientot j'espere

3. schelby  le 05-05-2010 à 19:27:48  (site)

Bien triste!!
Tu vas bien toi?
Je viens faire un coucou car quel boulot de tout ranger et nettoyer mais c'est très bien ici!
Je vais revenir bientôt!
Je n'oublie personne bien sur
Je vais essayer de faire des petits coucous à tout le monde!
Je repasserai bien entendu mon amie!
De grosses bises très bonne soirée!

4. petitelilou  le 05-05-2010 à 20:48:53  (site)

koukou j'espere que tu vas bien viens faire un toure sur mon petite blog !!!! s'il te plait

 
 
 
posté le dimanche 02 mai 2010 à 17:18

Condamnée pour avoir lancé son chien du 2e étage

mais à mon gout pas assez forte !!!

CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE (Marne).

 

Une jeune femme d'une vingtaine d'années a été condamnée cet après-midi par le tribunal de Châlons-en-Champagne pour sévices et actes de cruauté envers un animal.

 

Le 30 décembre 2009 à Vitry-le-François, elle avait jeté son caniche par la fenêtre depuis le deuxième étage avant d'aller le rechercher agonisant et de le pendre dans le vide par les pattes arrières avant que la gendarmerie n'intervienne.

 

Le principal tort de ce pauvre animal : avoir fait des traces de pattes alors que sa maîtresse faisait le ménage.


Le chien et le chat de cette Marnaise ont ensuite été placés dans un refuge.

 

Elle est aujourd'hui propriétaire d'un autre chien, un labrador croisé husky.

 

Le tribunal l'a condamnée à verser 736 euros de frais de pension au refuge vitryat qui a accueilli le caniche et 400 euros de dommages et intérêts.

 

Elle tombe également sous le coup d'une interdiction de posséder un animal.

 

Son chien devrait donc lui être rapidement retiré.

 

La jeune femme devra verser un euro symbolique à la fondation Brigitte Bardot qui s'était portée partie civile.

( lunion.presse.fr)

 

Photo illustration

 


Commentaires

 

1. agnesd  le 02-05-2010 à 19:33:00  (site)

Heureusement qu'elle a été condamnée et surtout qu'elle n'ait plus le droit de posséder un animal. Les lois ne sont pas suffisamment sévères pour tous ces tortionnaires. Faut vraiment pas avoir de coeur pour faire subir des choses horribles à ces petits êtres qui sont si sensibles.

 
 
 
posté le dimanche 02 mai 2010 à 16:58

Enquête sur une filière de trafic de chiens

 Ce texte est long mais très édifiant ! ( dogelegance.com)  

 

Un petit golden retriever vendu près d'Yvonand permet à «L'Hebdo» de remonter des filières qui submergent l'Europe de chiens et s'assurent de confortables bénéfices après avoir transporté ces bêtes sur des milliers de kilomètres et brouillé les pistes en truquant les papiers.

 

Récit d'une enquête en Suisse, en France, en Belgique et jusqu'en Slovaquie. 

 

C'était un si joli chiot. Un golden retriever de deux mois, une de ces petites boules de poils roux qui pointent sur vous leur truffe noire et leurs yeux qui semblent dire: «Tu veux bien de moi?».

Le jour où Daniel Rousseau et sa fiancée l'achetèrent, en mai dernier, il était couché dans un enclos de la ferme qu'exploite Jean-François Besson à Niédens, un hameau de quatre ou cinq maisons, près d'Yvonand, dans le Nord vaudois.

Agent artistique à Neuchâtel, Daniel Rousseau avait découvert cette adresse sur une petite annonce dans laquelle Jean-François Besson se disait éleveur et proposait des chiots à vendre de plusieurs races, parmi lesquels des golden dont on sait l'énorme succès qu'ils ont aujourd'hui. 

La fiancée de Daniel Rousseau prit l'animal dans ses bras, le trouva plus attendrissant encore et le couple décida de l'acheter.

Ils le payèrent 1200 francs et le baptisèrent aussitôt Benjy. 

Mille deux cents francs, c'est une jolie somme, mais c'est moins que ce qu'on paie pour un chien de cette race quand on l'achète chez un éleveur membre de la Société cynologique suisse; là, il faut compter 1600 à 1800 francs.

Il est vrai qu'on reçoit alors un pedigree pour l'animal, autrement dit un document attestant de ses origines. Rien de tel pour Benjy.

En guise de papiers, Jean-François Besson remit au couple un vague contrat de vente et un certificat de vaccination signé par un vétérinaire français.

Le paysan reconnut qu'il avait acheté ce chiot en France, comme les autres qu'il revend par petites annonces, mais resta plus que discret sur l'«élevage» où il se l'était procuré. 

 

Pour Daniel Rousseau et sa fiancée, les désillusions et la colère commencèrent dès leur retour à la maison. Benjy était incapable de se lever.

Ses selles étaient teintées de sang et il toussait violemment.

La nuit même, consultation d'un vétérinaire qui se montra atterré devant l'état du chiot. Il diagnostiqua une coccidiose (maladie parasitaire), des vers et une trachéite dus à un manque d'hygiène et une sous-alimentation dont témoignait aussi le poil de l'animal.

Pour Benjy, ce fut le début d'un long traitement aux antibiotiques.

Quand le lendemain Daniel Rousseau rappela Besson pour lui dire son indignation, le paysan lui proposa simplement de ramener l'animal à la ferme et de lui en donner un autre. 

Partant du principe qu'«un chien n'est pas un objet mais un être vivant», Daniel Rousseau refusa sèchement, mais contacta «L'Hebdo». Aujourd'hui, son chien va mieux.

Il peut se lever, il court, il se montre d'une rare affection, mais il est toujours sous antibiotiques. Entre-temps, notre enquête avait fait son chemin.

Nous étions loin, au départ, de penser qu'elle nous ferait parcourir des milliers de kilomètres et dévoilerait un trafic d'animaux d'une rare ampleur. 

UNE VISITE CHEZ MONSIEUR BESSON

En route pour la ferme de Niédens.

Quand on y est arrivé, fin juin, Jean-François Besson, la cinquantaine corpulente et le dos courbé par un ancien accident, était occupé à des travaux de peinture dans la cour de sa ferme.

Un peu plus loin, dans le jardin, on voyait l'enclos et l'ancien poulailler qu'il a reconverti en chenil. Deux ou trois chiens s'y ébattaient. 

Tout en continuant de manier son pinceau, Jean-François Besson accepta de parler de son commerce et de l'«affaire Daniel Rousseau».

Oui, dit-il, il a commencé à importer et revendre des chiots «depuis qu'on ne gagne plus rien dans l'agriculture à cause de la vache folle», donc depuis ce printemps.

C'est une petite annonce parue dans la presse romande qui lui en a donné l'idée: un chenil de France, en Haute-Savoie, offre régulièrement à vendre des chiots de toutes races et à des prix intéressants. Il s'y est rendu à quelques reprises.

A chaque fois, il en a acheté deux ou trois qu'il a ramenés dans sa voiture et déclarés à la frontière «quand il y avait un douanier».

Au total, jure-t-il, il n'en a acheté et revendu que huit, mais il a l'intention d'arrêter ce commerce qui ne lui vaut «que des ennuis».

 

Plusieurs clients rouspètent: leurs chiots sont en mauvaise santé. 

 

Parmi eux: un ramoneur vaudois de 20 ans. Lui aussi a acheté pour sa fiancée, chez Besson, un petit golden à 1200 francs accompagné d'un carnet de santé signé par le même vétérinaire français. Arrivé à la maison, le chiot ne faisait que dormir, il avait l'air exténué et en piteux état. Quatre jours plus tard, un vétérinaire décelait chez lui une parvovirose et devait l'euthanasier.

Crève-coeur du ramoneur et refus de Besson de payer quelque dédommagement que ce soit. 

UN APRES-MIDI CHEZ 4'PATTES

A quelques dizaines de kilomètres de Genève, on atteint Chilly par un dédale de routes minuscules qui serpentent dans la campagne.

Le chenil est isolé, c'est une sorte de chalet à moitié caché par des frondaisons.

On s'attendait à trouver là un élevage, avec pères et mères porteuses.

Erreur.

4'Pattes n'est qu'un lieu de transit où les chiots ne passent qu'un jour ou deux avant d'être revendus. Pour les accueillir, un local carrelé comme une salle de bains a été aménagé et donne sur un petit parc où trottinent deux ou trois petits chiens. 

Blonde et volubile, la trentaine, Valaisanne d'origine mais mariée à un Français,Corinne C. nous reçut dans son bureau où trônait un ordinateur. 

Elle a créé 4'Pattes il y a deux ans et vend exclusivement ses chiots sur le marché suisse où elle publie des petites annonces du style: «Un petit chiot pour les vacances? Chez 4'Pattes!!! Prix promotionnels».

Ou encore: «Dogues allemands, golden retrievers, chows-chows, terre-neuve, bichons, caniches, cockers: téléphonez chez 4'Pattes!!!»

Un commerce qui marche du feu de Dieu, assure-t-elle.

Des chiots, elle en vend une dizaine par semaine. On vient de toute la Suisse romande pour se fournir chez elle. 

Mais attention, ajoute-t-elle, il faut se méfier d'un de ses concurrents: lui importe des chiens de Belgique.

Là-bas, les prix sont inférieurs à ceux de France, mais la qualité des animaux laisse à désirer. 

D'une étagère, elle tira une liste des races qu'on peut se procurer chez elle: de l'afghan au yorkshire en passant par le husky et le saint-bernard, il y en a plus de septante dont le prix varie de 850 à 2050 francs suisses.

Les «grossistes» suisses, comme Besson, ont droit à une réduction s'ils achètent une nichée entière, ce qui leur permet à leur tour de réaliser un bénéfice quand ils revendent ces chiots.

Besson, par exemple, avait payé ses golden dans les 900 francs avant de les revendre 1200 dans sa ferme de Niédens. Selon les registres de 4'Pattes, il en avait acheté treize au total. 

- Et vous, Mme C., d'où les faites-vous venir, ces chiots? 

De toute évidence, la question l'empoisonnait.

A plusieurs reprises, elle feignit ne pas l'avoir entendue.

Il fallut revenir maintes fois à la charge pour qu'enfin elle cite un nom.

Elle parla d'abord d'un élevage situé en Bourgogne.

Puis en évoqua un autre, dans la Manche. Enfin, elle se ravisa et finit par lâcher, comme dans un souffle: - Relax Dog, à Evegnée. 


- Evegnee? Ça se trouve où? 
- Du côté de Liège. En Belgique. 

Elle devenait de plus en plus nerveuse. C'était comme si elle regrettait déjà d'avoir lâché ce nom. «J'ai voulu faire un essai avec cette maison, fit-elle. Je lui ai juste acheté quelques dizaines de bêtes sur deux mois.» 

Comment expliquer alors que ces chiots portent des carnets de vaccination français, signés par un vétérinaire ?

Corinne C. finit par admettre que les bêtes étaient arrivées chez elle avec des carnets belges, mais qu'elle les avait mis de côté et remplacés par des papiers français, avec l'aimable concours de son vétérinaire.

Et pourquoi cela? Elle eut cette réponse désarmante:«Parce que les carnets belges ne sont pas jolis.» 

RELAX DOG N'EST PAS BAVARD

Sur la carte de Belgique, Evegnée n'est pas facile à localiser, mais il est plus difficile encore de trouver le numéro de téléphone du chenil Relax Dog.

Il ne figure pas dans l'annuaire, pas plus que l'entreprise n'est inscrite au Registre du commerce de Liège et de sa région.

Quand on le découvre enfin, une voix peu amène se fait entendre au bout du fil, celle d'un homme encore plus cassant dès qu'il entend le mot «journaliste».

Oui, confirme-t-il, Relax Dog vend bien des chiots, toutes sortes de races de chiots.  - Vous les élevez vous-même? 


- Non.  Comme chez Mme C., Relax Dog n'était toujours qu'un lieu de transit pour les animaux. Un sas à chiots.  - Alors d'où viennent-ils? 
- Vous connaissez un seul commerçant qui donne le nom de ses fournisseurs? 

Evoquant les golden retrievers qui venaient de chez lui et se trouvaient en piteux état en Suisse, nous répétâmes notre question: «Où sont-ils nés?» Le type répondit en ricanant:  - Peut-être en Belgique. Peut-être en Hollande... 

Et comme nous insistions:  - Ecoutez, je suis marchand de chiens. Point. Le reste ne vous regarde pas.  Et il raccrocha. 

D'AUTRES ACHETEURS FURIEUX

Entre-temps, toujours en Suisse, nous avions trouvé d'autres acquéreurs de chiots qui, pour avoir passé par d'autres filières, n'en maudissaient pas moins leurs vendeurs.

Vers la fin de l'année dernière, se fiant à une petite annonce qui paraît souvent dans la presse romande, un employé des CFF d'Ecublens (VD) achète pour 950 francs un petit golden chez un marchand de Haute-Savoie, M. Ferrechia, à Morillon.

Il s'avère vite que l'animal est épileptique et fait de fréquentes crises.

Traitement à vie. Fureur du maître.  

Quelques mois plus tard, un infirmier genevois à l'AI acquiert un golden de sept semaines, pour 800 francs, à la même adresse.

Dans les jours qui suivent, vu son état lamentable, le chiot doit être conduit chez un vétérinaire qui diagnostique de l'anémie et une leucocytose. Début d'un traitement sous perfusions, par injections et antibiotiques. 

Dans ces deux derniers cas, les carnets de santé étaient signés par des vétérinaires du Pas-de-Calais, tout au nord de la France, à la frontière belge.

Impossible de remonter la piste plus haut. Quand on lui demande d'où viennent au juste ces chiens, M. Ferrechia répond sèchement: «Ça ne vous regarde pas». 

Autre cas encore: il y a deux ans, un policier de Neuchâtel achète un jeune chien de race, sans pedigree, pour 1300 francs, chez un couple du canton de Fribourg qui vante son commerce par petites annonces.

Arrivé à la maison, il faut emmener promptement l'animal chez le vétérinaire.

Il souffre de problèmes articulaires et de la toux du chenil, un mal souvent mortel chez les chiens.

La bête s'en sort, mais deux ans plus tard son maître sait qu'«il ne vivra pas longtemps».

Ses frais de vétérinaire se montent déjà à 2000 francs.

Lorsque, au bout de longs mois, il a pu obtenir un pseudo-pedigree du chien, ces papiers sont arrivés de Belgique, où les vendeurs se l'étaient procuré.

Des papiers portant le sceau du magasin «Animals Express», à Bruxelles. 

TROUBLANTS ARTICLES DE PRESSE

Se rendre en Belgique pour tenter de comprendre ce qui s'y passe?

Faisons d'abord venir quelques coupures de presse.

En voici une qui n'est pas dénuée d'intérêt: la «Dernière Heure» du 17 janvier 1995 (Bruxelles) titre «Prudence à l'achat! Animals Express incriminé par de nombreux acheteurs».

L'article fait état de multiples plaintes de particuliers qui ont acheté des chiots dans ce magasin de la région bruxelloise et s'en mordent les doigts: leurs bêtes ont dû être conduites sans tarder chez le vétérinaire à cause de fortes diarrhées; sept d'entre elles sont mortes, notamment de la maladie de Carré. 

Plus troublant, la «Dernière Heure» du 10 janvier 1995: «Enquête sur un commerce douteux. Bruxelles: ces chiens qui viennent de l'Est...»

Le quotidien signale qu'une enquête vient d'être ouverte sur «ce qui semble devenir un commerce très lucratif» et a déjà permis d'identifier onze revendeurs belges qui importent régulièrement leurs chiens de pays de l'Est, principalement de Slovaquie, de Tchéquie et de Pologne.

Un fonctionnaire du Ministère de l'agriculture s'étonne lui-même des «chiffres pour le moins bizarres» qu'il trouve dans ce dossier: rien ne joue entre le volume des commandes passées à l'Est par les importateurs et le nombre de bêtes qu'ils disent avoir réellement reçues.

Exemple: tel grossiste avait commandé 5700 chiens; il n'en a reçu que 1300.

Le total des commandes représenterait 10% des ventes totales de chiens en Belgique, soit 150 000 par an. 

EN ROUTE POUR LA BELGIQUE

Il était temps d'aller voir sur place.

Première visite: Animals Express, dans la banlieue de Bruxelles. C'est un véritable supermarché de l'être vivant, sans doute l'un des plus grands d'Europe.

Enfermés dans des cages, plus de 200 chiots et des multitudes de chats, parmi d'autres animaux, attendent là de trouver preneur. 

Fini maintenant de se présenter comme journaliste.

On a vu sur quelle impasse cela débouchait chez Relax Dog.

Attaché-case en main, nous nous annonçons désormais comme marchand suisse prospectant le marché.

Un certain M. Ruedi, gérant du supermarché, finit par arriver et l'on commence à parler prix de gros. Combien vaut le golden retriever? L'équivalent de 300 francs suisses. Le labrador? 250. Le dalmatien? Idem. Le saint-bernard? 350.

En bon commerçant, M. Ruedi cite un chiffre donnant la mesure des affaires traitées par son entreprise: Animals Express vend 300 à 400 chiots par semaine, soit 17 000 au bas mot en une année.

Une partie est vendue à des particuliers belges, l'autre destinée à l'exportation en gros, surtout vers la France. 

 - Certains de vos chiens viennent des pays de l'Est?  Il l'admit pour deux ou trois races.  - Les golden retrievers aussi? 
- Non. On en trouve peu là-bas. Les nôtres viennent de Belgique. Si vous en achetez, vous pourrez visiter les élevages. 

 

Notre seconde visite «professionnelle» nous amena, une centaine de kilomètres plus loin, dans les environs de Liège.

Un petit chemin qui descend au fond d'un vallon, puis un vaste chenil d'où s'échappe un concert d'aboiements: voici Les Rives Sauvages, l'un des plus importants marchands de Belgique. 

Même air soupçonneux de la patronne qui nous reçoit sur le pas de porte, hésite avant de nous faire entrer, puis accepte de discuter prix.

Ils étaient légèrement supérieurs à ceux d'Animals Express. Les exportations? Largement tournées, elles aussi, vers la France.

Le transport? Par camions.

La maison importe-t-elle des chiots de l'Est? «Oui,mais seulement certaines races.» 

On en vint à parler des papiers qui accompagnent les bêtes et la patronne expliqua avec un air de regret comment les choses se passent dans le milieu.

Les chiots partent des pays de l'Est avec des carnets de vaccination tchèques, slovaques, polonais, hongrois.

En Belgique, ces papiers sont remplacés par des carnets belges avec le concours d'un vétérinaire local.

En France, à son tour, le marchand évacue les papiers belges et les remplace par des documents français, avec sceau et signature d'un vétérinaire du cru. 

A chaque fois, en somme, on «nationalise» le chien.

Et du même coup, on brouille les pistes.

Encore heureux que Besson, à Niédens, n'ait pas «helvétisé» ses golden avec l'aide d'un vétérinaire suisse...

Rendons-lui cette justice: en allant se servir en Haute-Savoie, il ignorait tout de la provenance réelle des chiens. 

RELAX DOG EST EN VACANCES

Restait à trouver le chenil de Relax Dog.

Nous finîmes par le découvrir quelques kilomètres plus loin, dressé en bordure d'un village, au milieu des replats et des boqueteaux de la campagne liégeoise.

Devant l'entreprise, pas d'enseigne.

Sur la porte, pas de nom. Relax Dog se résume en deux bâtiments flambant neufs, construits en brique rouge.

A gauche: une maison d'habitation.

 A droite: un long hangar: c'est le chenil proprement dit.

Pas un bruit. Pas un aboiement.

On guigne à l'intérieur par l'une des vitres: sur un sol de ciment se dressent des dizaines de boxes pour chiens, d'une propreté clinique et industrielle.

Tout est vide, absolument vide.

En ces jours de juillet, les propriétaires de Relax Dog étaient en vacances.

De toute façon, apprend-on par le voisinage, le chenil n'est qu'épisodiquement bourré de chiots.

Les lots arrivent par camions ou par avion, via Bruxelles, sont stockés là pendant vingt-quatre heures au maximum, puis repartent par camions. 

Vers quelle destination? Et après être arrivés d'où?

C'est au Ministère de l'agriculture, dans les registres où sont consignés tous les mouvements de chiots transitant par la Belgique, qu'on finit par trouver la réponse.

Relax Dog s'approvisionne en Tchéquie, en Slovaquie et en Russie. (Achète-t-il aussi en Belgique? Possible, mais les dossiers belges ne tiennent compte que des importations.)

Pour les seuls huit premiers mois de l'année, par lots de 500 à 1000 pièces, il a demandé des permis d'importation pour la bagatelle de 7000 (!) chiots dans ces trois pays de l'Est. 

Un autre dossier tient ensuite le décompte des chiots que Relax Dog expédie vers l'étranger. 

La grande masse file vers la France.

Parmi les destinataires, un modeste client de Haute-Savoie: le chenil 4'Pattes de Mme C.

De janvier à avril, en huit livraisons, Relax Dog lui en a expédié un peu plus de 70.

Parmi eux: chows-chows, westies, rottweillers, bichons, labradors, cotons de Tuléar et bien sûr de nombreux golden retrievers. 

LA PLAQUE TOURNANTE BELGE

Pas de doute: si l'on fait une évaluation globale, ce sont des dizaines de milliers de chiots que la Belgique déverse chaque année sur son territoire et sur l'Europe de l'Ouest.

Un flot, un torrent, un niagara de chiots. 

Comme dit Christian Vignol, journaliste et chroniqueur animalier au journal «La Meuse»: «La Belgique est devenue la plaque tournante du continent dans le commerce et le trafic de chiens.

Un mouvement en provenance de l'Est et essentiellement tourné vers la France. Ici, tout le monde est au courant, mais les réactions restent peu efficaces. Pour changer les choses, il faudrait modifier la législation, mais pour l'heure, c'est le laxisme qui l'emporte.» 

 

Un laxisme, pour ne pas dire une complaisance des autorités qui s'explique par les milliards de francs belges générés par ce business.

Au pays de Milou, l'import-export et le trafic de chiots sont devenus une véritable industrie, mais en partie occulte: les chiffres, les revenus, les filières restent aussi secrets que les comptes d'une banque suisse. 

Et tant pis pour les éleveurs sérieux.

Tant pis, faute de transparence, si tous les excès sont possibles: chiennes contraintes de porter deux fois par année; risques de consanguinité, donc de malformations; portées arrachées à leur mère moins de deux mois après leur naissance, ce qui est une aberration.

Chiots encagés, ballottés, transportés sur des milliers de kilomètres à travers l'Europe dans la promiscuité et le stress qu'on imagine.

Pas étonnant qu'un certain nombre d'entre eux, s'ils ne l'étaient au départ, tombent malades en cours de route ou arrivent en piteux état. 

De quoi faire hurler - mais dans le désert - des amis des animaux comme Christian Fourmy à Bruxelles et Léon Roufosse à Liège, tous deux à la tête d'associations sans but lucratif vouées à la défense des bêtes.

Ils ne cessent de fustiger ce trafic, rappelant qu'en Europe les chiens sont déjà trop nombreux, condamnés pour beaucoup à l'indifférence et même à la mort.

A cause de ces importations, les refuges débordent de chiens dont les maîtres se sont lassés et certaines SPA belges n'hésitent pas à les euthanasier en grand nombre. 

EN ROUTE POUR LA SLOVAQUIE

Ne restait plus qu'à se rendre à l'Est pour tenter de remonter l'une ou l'autre des filières qui alimentent ce marché. Par où commencer?

Il y a un an ou deux, Léon Roufosse et Christian Fourmy ont trouvé dans la presse belge deux petites annonces publiées par des marchands de chiens basés en Slovaquie qui cherchaient des partenaires pour développer leurs affaires.

La première émanait d'une société du nom de Chova, établie à Nitra, 90 kilomètres au nord-est de Bratislava, capitale de la Slovaquie.

La seconde émanait d'un particulier, Victor S., à Bratislava même. 

 Toujours sous prétexte de créer un commerce de chiots, envoyons un fax à la firme Chova pour lui demander ses tarifs et ses références.

La réponse arriva deux heures plus tard sous forme d'une liste de prix formulée en deutschmarks et comprenant pas moins de 100 races de chiens, du basset (180 francs) au schnauzer (130 francs) en passant par le golden (240 francs) et le bouvier bernois (200 francs).

Le soir même, c'est un interprète de la firme qui appelait par téléphone. Le directeur de Chova, dit-il, était momentanément très occupé à préparer un chargement de chiens pour la Belgique, mais un rendez-vous était envisageable pour le week-end suivant, en Slovaquie. 

Le samedi à l'heure dite, dans le hall d'un grand hôtel de Bratislava, Miroslav Ligas, directeur et homme à tout faire de la société, se présenta en compagnie de son interprète.

On monta dans sa voiture et commença alors dans la campagne un interminable voyage.

Direction Nitra et le siège de l'entreprise?

Nous l'espérions, mais il apparut vite qu'on n'irait pas là-bas.

D'abord, l'homme se méfiait de nous. Ensuite, il n'y avait selon lui «rien d'intéressant à voir là-bas». On allait plutôt visiter un élevage de «chiens chinois» qui fait partie de l'entreprise. 

Chemin faisant, tandis que défilaient villages et collines, il se mit à parler d'abondance. Jusqu'à la chute du régime communiste, en 1989, Miroslav Ligas, la quarantaine, cheveux blonds et menton volontaire, était employé d'une ferme d'Etat qui élevait des chiens.

Après cette date, il s'est mis à son compte et vend surtout en Belgique. «Nous avons 300 élevages disséminés dans la région, des plus petits comprenant deux chiens reproducteurs aux plus gros comprenant 30 chiens.»

Son travail consiste à «veiller sur la qualité des élevages» et collecter les nichées pour les expédier à l'étranger.

Du temps du régime communiste, dit-il, la Tchécoslovaquie exportait 150 chiens par mois. Maintenant, à lui seul, il en vend 150 par semaine et connaît au moins deux sociétés slovaques qui exportent autant.

Sans compter les concurrents plus récents. Ni les Tchèques, les Polonais, les Hongrois, les Russes, les Ukrainiens, les Bulgares...

Tous s'y sont mis. Depuis la chute du Mur, le commerce du chien a littéralement explosé. 

Vend-il aussi en Suisse? Miroslav lâcha un soupir.

Deux ans plus tôt, il a envoyé des dizaines de lettres dans ce pays pour tenter d'y trouver des acheteurs et des partenaires.

Il n'a pas reçu une seule réponse et ça le dépite. Il aimerait tant y vendre, dit-il, des chiots «avec pedigree», reconnu par l'Association slovaque de cynologie.

 «Des chiens plus chers que les autres, certes, mais qui offrent toute garantie.»  Du trafic et des sales combines, reconnut-il, ce n'est pas ce qui manque.

«Par exemple ces filières d'ici qui n'achètent les chiens aux paysans que 1500 couronnes (60 francs) au lieu de 2000 (80 francs), mais sans établir de contrats ce qui évite de payer des impôts.»

 Mais lui, jura-t-il, ne voulait pas manger de ce pain-là.

 Il voulait «travailler pour durer» - et il faut bien l'admettre: pas un instant il ne tenta de nous faire une proposition scabreuse. 

C'est après la visite des chiens chinois - une race totalement atypique du marché, élevée par une famille de paysans à une centaine de kilomètres de Bratislava - que nous avons risqué la question à 100 000 couronnes:

- Vous connaissez Relax Dog, en Belgique? 
- Oui, fit-il. 
- Vous êtes l'un de ses fournisseurs? 
- Oui. Ils vous ont donné de bons renseignements sur moi? 

Il avait dit cela avec une sorte de fierté. 

 Dans la soirée, enfin mis en confiance, il consentit à en dire davantage sur sa société: elle se résumait surtout à un lieu d'accueil de 110 m2.

Une fois collectés dans la campagne, les chiots y passent vingt-quatre heures, après quoi ils partent en camion vers l'Ouest.

Ce chenil, il était en train de l'agrandir et s'apprêtait à acheter un second camion pour les livraisons. Tout compte fait, les affaires marchaient bien. 

 

Ainsi se dessinait non seulement le trajet exact des chiots, avec leurs multiples «sas» de passage, mais l'évolution de leur prix: quelques dizaines de francs suisses chez le paysan slovaque, 250 francs en Belgique, 900 en France, 1200 en Suisse...

Une affaire à rendre fou un chiot, mais une affaire en or. 

APRES LES CHIENS: LES POISSONS ET LES FEMMES

La seconde adresse que nous avions à Bratislava était celle de Victor S., que nous trouvâmes en sonnant chez lui.

L'endroit n'avait rien de luxueux. C'était un HLM sans âme dans une banlieue perdue de Bratislava. Victor passa la tête par l'une des fenêtres puis nous fit signe de monter au salon. Surprise: c'est presque un gamin.

Il a tout juste 20 ans. 

Baragouinant l'allemand, Victor déclara qu'il travaillait maintenant dans une maison d'import-export, mais que oui, bien sûr, il pouvait nous aider à trouver des chiens, nous qui voulions ouvrir un commerce de gros en Suisse.

Pour commencer, il devait cependant prendre rendez-vous avec ses «contacts».

Il rappellerait plus tard à notre hôtel. 

Il le fit le lendemain même et annonça que tout était arrangé: nous pouvions partir en voiture.

Pas avec la sienne, qui était en panne, mais avec la nôtre, louée un peu plus tôt.

Pour aller où? «A environ une heure et demie au nord-est de Bratislava.» 

Ainsi partîmes-nous tous les deux sur des routes de plus en plus sinueuses, traversant des villages plutôt pimpants avec leurs petites maisons bâties comme autant de villas. 

Victor S. est loin d'être antipathique, mais c'est Monsieur Sans-Cervelle.

Son rêve, dit-il, c'est d'être millionnaire à trente ans. Il connaît pas mal de gens, laisse-t-il entendre, et il leur rend des services.

«A propos, fit-il, le commerce de voitures d'occasion avec l'Est, ça vous intéresserait? J'ai des copains qui gagnent beaucoup d'argent avec ça.» 

Plus de cent kilomètres après Bratislava, nous entrâmes dans un village et Victor fit signe d'arrêter devant une villa.

A l'intérieur, dans un salon cossu mais lourdement décoré, un certain Monsieur Emil nous rejoignit. Plus rien à voir avec le look d'ancien fonctionnaire communiste. Monsieur Emil appartient à la nouvelle génération.

Trente ans à peine, mince et plutôt beau, longs cheveux noirs, chemise blanche immaculée et chaînette en or sur son torse bronzé, il s'avança nonchalamment pour prendre place sur un sofa.  Présentations.

Légère méfiance.

Et re-discussion sur les prix de gros.

Victor assurait la traduction en allemand tandis que Monsieur Emil consultait ses propres tarifs sur une liste comprenant des dizaines de races de chiens.

A l'exception des golden, sur le prix desquels il renâcla, nos propositions lui parurent alléchantes puisqu'il finit par hocher la tête, se lever et dire qu'on pouvait aller «voir quelques élevages». 

Avant de nous mettre en route, il tint à faire visiter le sien.

C'était au fond du jardin.

Sous le toit d'un appentis où perçait une rare lumière, des dizaines de petits chiens noirs et blancs se disputaient moins de quinze mètres carrés dans une saleté et une puanteur de clapier. 

A bord de la voiture, tandis qu'on se rendait dans un village voisin, la conversation se fit plus intime. Monsieur Emil confia qu'il travaille «surtout avec l'Italie, un peu avec la Belgique et un peu avec la France». 

- Avec la Suisse aussi? 

Silence. Il éluda la question.

Pour ce qui est du volume des affaires, reprit-il, son organisation fait encore partie des «toutes petites».

Elle n'exporte que cent chiens par mois, environ un millier par an.

Enfin, s'agissant du transport, nous devrions venir chercher les chiens en Slovaquie avec nos propres moyens.

Eux, ils ont trop d'ennuis à la frontière slovaco-autrichienne, autrement dit à l'entrée de la Communauté européenne. Les «protecteurs des animaux» leur font plein de misères parce que leur camion «n'est pas climatisé». 

Après quoi Monsieur Emil se lança dans une longue tirade que Victor traduisit du mieux qu'il put: 

 

 - Vous devez savoir qu'il y a deux sortes de commerces. Dans le premier cas, nous vous remettons avec les chiens une facture qui correspond exactement au montant que vous avez payé.

C'est ce qu'on appelle la voie légale. 
- Et dans le second cas? 
- On n'en inscrit qu'une partie. Si vous payez 5000, par exemple, la facture n'indique que 3000. Qu'en pensez-vous? 
- C'est intéressant. 
- On peut encore faire autrement, ajouta Victor. On ne fait pas de facture du tout. 

 

Mais nous arrivions à bon port: une maison paysanne au beau milieu d'un village.

En ce jour de juillet, dans le jardin, deux ou trois hommes nous attendaient qui nous guidèrent un peu plus loin.

Là, derrière un enclos en treillis, une demi-douzaine de chiens s'ébattaient. Des chiens reproducteurs.

Des golden retrievers! Ces fameux golden dont on nous avait tant répété qu'ils étaient rares à l'Est. C'était l'un des élevages de la filière.

Un parmi combien de dizaines d'autres?

Les propriétaires ouvrirent l'enclos, les chiens sortirent aussitôt pour s'ébattre dans le jardin et nous pûmes prendre quelques photos. 

Un peu plus loin sur la route, dans un village voisin, Monsieur Emil proposa une nouvelle halte devant une autre maison.

En compagnie des propriétaires, nous nous rendîmes dans l'arrière-cour, et là encore plusieurs chiens adultes se mirent à gratter le treillis de leur enclos.

Ce n'étaient plus des golden.

C'étaient des rottweillers, destinés eux aussi à la reproduction.  

De retour dans la rue, debout sur le trottoir, M. Emil désigna deux ou trois autres maisons du village et lâcha à chaque fois le nom d'une race:

«Dans cette maison, les gens élèvent pour nous des setters. Dans celle-ci des boxers. Dans cette autre, des chows-chows». 

 - Chaque maison abrite donc un élevage dans ce village? 

Il eut un petit sourire: 

- Pas chaque maison. Une sur deux. 

 Maintenant, le soleil cognait fort et nous attendions toujours de remonter dans la voiture. Monsieur Emil se remit à parler et Victor traduisit: 

- A part les chiens, nous vendons aussi des aquariums avec des poissons de Slovaquie. Ça marche très bien en Italie. 

Nous feignîmes un intérêt poli.

Puis Monsieur Emil reprit la parole, se lançant cette fois dans une tirade qui ressemblait à une énumération et ils eurent tous deux un petit rire entendu. 

 - Monsieur Emil dit que nous avons trois spécialités, traduisit Victor. Les chiens. Les poissons. Et lof. 
- Lof? 
Nous ne comprenions pas. Toujours debout dans la rue, Monsieur Emil se mit alors, pour être plus explicite, à mimer le va-et-vient d'un homme en train de copuler. 

 - Ah! Love? 
- Oui! Love! 

- Vous voulez dire qu'on peut aussi envisager de faire du trafic de femmes? 

 

Ils acquiescèrent d'un hochement de tête.

Et Emil ajouta:

«Nous avons de bons contacts dans toutes les grandes villes européennes». 

- A Zurich et à Genève aussi ? 

Le petit rire qui répondit signifiait:

«Evidemment». 

Ils ne s'étendirent pas davantage sur le sujet. I

l s'agissait de comprendre que le trafic de femmes était quelque chose de plus souterrain, de plus secret, de plus difficilement accessible.

Nous pourrions peut-être en reparler.

Mais seulement quand nous aurions fait affaire avec les golden ou les rottweillers.

Les femmes venaient après les chiens. 

 

Tout ce qui s'apparente en somme au marché des êtres vivants.
 


"Messieurs les politichiens"
Une protestation contre la loi sur les chiens catégorisés !  http://www.dogelegance.com/page_filiere.htm

 


 
 
 

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