posté le samedi 07 août 2010 à 22:50

Le corbeau et le renard

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.


Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :


"Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. "
 

A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;


Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
 

Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. "


Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

 

Jean de la Fontaine

 


Commentaires

 

1. Schelby  le 08-08-2010 à 14:24:29

Joli poème que j'aime beaucoup!
Je suis passée par ici!
Bisous

 
 
 
posté le samedi 07 août 2010 à 22:47

Ah Paris !

PARIS

O Paris, ville ouverte
Ainsi qu'une blessure,
Que n'es-tu devenue
De la campagne verte.

Te voilà regardée
Par des yeux ennemis,
De nouvelles oreilles
Écoutent nos vieux bruits.

La Seine est surveillée
Comme du haut d'un puits
Et ses eaux jour et nuit
Coulent emprisonnées.

Tous les siècles français
Si bien pris dans la pierre
Vont-ils pas nous quitter
Dans leur grande colère ?

L'ombre est lourde de têtes
D'un pays étranger.
Voulant rester secrète
Au milieu du danger

S'éteint quelque merveille
Qui préfère mourir
        Pour ne pas nous trahir
        En demeurant pareille
Jules SUPERVIELLE, 1884-1960
 
 


 
 
posté le vendredi 06 août 2010 à 22:18

Poemes

 

L'amour caché 

 

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

 
Hélas! j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés et pourtant solitaire ;
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.

 
Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas.

 
A l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :
" Quelle est donc cette femme ? " Et ne comprendra pas !


(Mes heures perdues)

(Félix Arvers 1806-1850)

 


 
 
posté le vendredi 06 août 2010 à 22:17

Poemes

 

Mon rêve familier 

 

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même,
Ni tout à fait une autre, qui m'aime et me comprend.

 
Car elle me comprend et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seul, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

 
Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

 
Son regard est pareil au regard des statues,
Et pour sa voix, lointaine, si calme et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

(Poèmes saturniens)

 (Paul Verlaine 1844 - 1896)

 


 
 
posté le jeudi 05 août 2010 à 17:24

Calendrier Symphonie des artistes : juillet

 

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